MILLE CHOSES A PARIS http://millechosesaparis.com Parce qu'il y a aussi mille choses à faire à Paris ! Tue, 25 Oct 2011 18:03:33 +0000 en hourly 1 http://wordpress.org/?v=3.2.1
#065: S’immerger dans le village de Charonne http://millechosesaparis.com/2011/10/25/065/ http://millechosesaparis.com/2011/10/25/065/#comments Tue, 25 Oct 2011 18:03:33 +0000 jarmolaine http://millechosesaparis.com/?p=911 Des petits pavés, une jolie butte et comme dans les villages du fin fond de la France, une église modeste, sans fioritures, qui surplombe la rue principale.

Voici Charonne ! Ce petit coin de l’Est parisien n’a rien perdu de son charme d’antan, et il fait bon prendre un chocolat chaud dans l’un [...]]]>

Des petits pavés, une jolie butte et comme dans les villages du fin fond de la France, une église modeste, sans fioritures, qui surplombe la rue principale.

Voici Charonne ! Ce petit coin de l’Est parisien n’a rien perdu de son charme d’antan, et il fait bon prendre un chocolat chaud dans l’un des cafés de la rue Saint-Blaise. Vous êtes en plein coeur d’un ancien village de vignerons et de maraîchers ! Au XIXe siècle, le quartier regorge de guinguettes : elles attirent les parisiens en masse car étant situées hors des murs de Paris, le vin y est deux fois moins cher… Et oui, il y avait une taxe à l’entrée dans la capitale pour toutes les marchandises ! Ces “douanes” de l’époque s’appelaient des “barrières d’octroi” : à l’époque, un mur long de 24 km entourait les anciennes limites de Paris, qui comptait alors 12 arrondissements. 54 barrières d’octroi permettaient d’y entrer moyennant une taxe sur les marchandises… Alors forcément, tout autour, les débits de boissons à prix cassés faisaient rage ! Ces limites dataient de 1787, elles furent élargies en 1860, alors que la capitale absorbait les villages des environs. Ces taxes disparaîtront complètement seulement durant la Seconde Guerre Mondiale…

Bref, revenons-en à Charonne ! Le lieu s’industrialise peu à peu, s’urbanise, attire les ouvriers mais aussi les travailleurs du bois : au début du XXe siècle, ébénistes, fabriques de meubles, scieries et vernisseurs sont plus de 200 !

Vous ne trouverez pas vraiment de trace de tout ça. Et même l’église ne se visite pas pour le moment : elle est en travaux afin de consolider les fondations. Que cela ne vous empêche pas de grimper à sa hauteur afin d’admirer la vue sur la rue Saint-Blaise, mais aussi pour découvrir le petit cimetière mitoyen qui se cache à l’arrière ! C’est l’un des derniers de Paris, la seule autre église disposant de son propre cimetière étant dans le 18e arrondissement (il s’agit de Saint-Pierre-de-Montmartre).

Supplément crânerie : quand vous vous trouvez sur le parvis de l’église Saint-Germain de Charonne, tournez les yeux vers la gauche… une autre église, plus moderne et sans charme lui fait face. Vous l’avez repérée ? Il s’agirait d’un caprice des croque-morts au début du XXe siècle : fatigués de gravir les marches en portant les lourds cercueils, ils auraient réclamé la construction d’une église de plain-pied ! Fainéants, va !


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#064: Tenir les meilleures adresses de la capitale au creux de sa main grâce à Paris by me http://millechosesaparis.com/2011/10/20/064-tenir-les-meilleures-adresses-de-la-capitale-au-creux-de-sa-main-grace-a-paris-by-me/ http://millechosesaparis.com/2011/10/20/064-tenir-les-meilleures-adresses-de-la-capitale-au-creux-de-sa-main-grace-a-paris-by-me/#comments Thu, 20 Oct 2011 07:35:25 +0000 jarmolaine http://millechosesaparis.com/?p=869 Une fois n’est pas coutume, ceci est un post qui sans vergogne, s’apprête à faire une pub éhontée au dernier guide parisien auquel j’ai contribué.

AuX guideS, à vrai dire, car c’est une nouvelle collection qui-tient-dans-la-main-qui-tient-dans-la-main, comme dirait Coluche, de trois livrets balayant les sorties parisiennes.

Présentons-les dans l’ordre : il y a d’abord [...]]]>

Une fois n’est pas coutume, ceci est un post qui sans vergogne, s’apprête à faire une pub éhontée au dernier guide parisien auquel j’ai contribué.

AuX guideS, à vrai dire, car c’est une nouvelle collection qui-tient-dans-la-main-qui-tient-dans-la-main, comme dirait Coluche, de trois livrets balayant les sorties parisiennes.

Présentons-les dans l’ordre : il y a d’abord le petit rose. Si après une morne journée de boulot tu sens le waï vibrer en toi, si le démon de la danse est chevillé à ton corps, si l’envie d’apprendre à cuisiner des macarons, à tricoter (si si), à porter des talons aiguilles sans ressembler à un cow-boy ou à jouer au poker te démange sérieusement, voici un guide qui te donnera toutes les bonnes adresses pour démornifier tes bad days.

Et puis le petit bleu. Dans celui-ci, que des bonnes adresses de restaurants, de brasseries, cafés… classés comme pour chaque guide par arrondissement et avec quelques coups de coeur mis en valeur. Du côté des prix, là aussi c’est réglo : en moyenne, vous vous en sortez pour 25€ max par personne. Un repère à bons plans, quoi. Sachez, au passage, que toutes les adresses ont été dûment testées par les humbles auteurs qui ont du y consacrer des soirées entièèèères afin de sélectionner la crème de la crème. Parce que, comme c’est écrit en gros sur la couverture, l’idée était de promouvoir un Paris souriant. What a challenge ! Le sourire en plus, c’est LE fil conducteur de ces guides. Tiens, et j’en profite pour faire la pub d’un délicieux restaurant italien qui m’a particulièrement plu dans le 15e arrondissement, vers la rue du Commerce : Da Zavola, 6 rue Mademoiselle, tenu par un italien véritable qui sélectionne des produits de qualité et propose une carte de fin gourmet. Sans parler des vins… certainement l’un des meilleurs restaurants italiens de la place parisienne !

Enfin, le petit vert. Celui-ci, je n’y ai pas participé faute d’un âge trop avancé (et bien heureuse de ne plus user mes fonds de culotte sur les bancs de fac, je dois dire). Pareil, petits prix, bonnes idées et suggestions de sorties pas chères voire gratuites sont référencées dans ces pages.

Alors certes, vous voilà avec un sacré paquet d’informations pour passer les meilleures soirées du monde pour que dalle (parce qu’à 5€90 les quelques 200 adresses ça fait pas cher le bon plan), mais, me direz-vous, quid du provincial qui débarque à la capitale la bouche en coeur ? Pas d’hôtels à conseiller ? Pas même un hôtel à Paris gare de Lyon ? (oui, tout le monde ou presque arrive Gare de Lyon d’après moi, bonne grenobloise d’origine que je suis)

Je vous conseillerais bien d’aller faire un tour sur le site de Romy, mais les prestigieuses adresses qu’elle prend plaisir à visiter et à partager vous feront certainement juste rêver…  quoique… allez savoir !

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#063: Déambuler au coeur de la Mouzaïa http://millechosesaparis.com/2011/10/13/063-deambuler-au-coeur-de-la-mouzaia/ http://millechosesaparis.com/2011/10/13/063-deambuler-au-coeur-de-la-mouzaia/#comments Thu, 13 Oct 2011 14:09:47 +0000 jarmolaine http://millechosesaparis.com/?p=871 En ce moment, on est très “buttes, carrières de gypse et maisons ouvrières” sur ce blog !

Et oui, le principe est toujours le même : prenez une butte, des ouvriers qui travaillent SOUS la butte, dépensant leur énergie à gruyeriser le sous-sol pour en extraire un maximum de gypse possible. Gypse qui [...]]]>

En ce moment, on est très “buttes, carrières de gypse et maisons ouvrières” sur ce blog !

Et oui, le principe est toujours le même : prenez une butte, des ouvriers qui travaillent SOUS la butte, dépensant leur énergie à gruyeriser le sous-sol pour en extraire un maximum de gypse possible. Gypse qui était envoyé outre-Atlantique : du coup, on appelait ces quelques rues du XXe arrondissement  ”le quartier de l’Amérique.”

Et du coup, comme d’habitude, il fallait loger les nombreux ouvriers. Qui voudrait habiter au-dessus d’une carrière, dans un coin reculé de la capitale ? Eux-même, pardi ! Et comme il fallait construire léger, comme d’habitude, ces petites maisons moins lourdes que les affreux immeubles haussmanniens poussèrent comme des champignons.

Glycines et bignones habillent ces magnifiques rues pavées et ces maisons qui datent de 1890. N’hésitez pas à déambuler dans les nombreuses ruelles parallèles pour découvrir les secrets de la Mouzaïa…

Ah, et comme d’habitude, aujourd’hui, plus aucun ouvrier ne serait capable de se payer l’une de ces charmantes bicoques devenues hors de prix.

Supplément crânerie : Mouzaïa, Mouzaïa, ça sort d’où ça ? Difficile de savoir comment ce nom a été attribué… ce qui est sûr, c’est qu’il évoque un village algérien où eu lieu une bataille en 1839, pendant la colonisation française.


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]]> http://millechosesaparis.com/2011/10/13/063-deambuler-au-coeur-de-la-mouzaia/feed/ 1 #062: Se ressourcer au coeur du 7e, dans le petit parc de l’église Saint-Jean http://millechosesaparis.com/2011/10/10/062-se-ressourcer-au-coeur-du-7e-dans-le-petit-parc-de-leglise-saint-jean/ http://millechosesaparis.com/2011/10/10/062-se-ressourcer-au-coeur-du-7e-dans-le-petit-parc-de-leglise-saint-jean/#comments Mon, 10 Oct 2011 08:37:31 +0000 jarmolaine http://millechosesaparis.com/?p=860 Dans les alentours, tout est massif, imposant, ronflant. Ministères, hôtels particuliers et Very Important Person font l’identité du 7e arrondissement. Mais au milieu de tout cela…

…au coeur de la rue de Grenelle, au n°147,  jaillit une petite poche qui dégage tout autre chose : une maison à colombages, de la verdure à foison, [...]]]>

Dans les alentours, tout est massif, imposant, ronflant. Ministères, hôtels particuliers et Very Important Person font l’identité du 7e arrondissement. Mais au milieu de tout cela…

…au coeur de la rue de Grenelle, au n°147,  jaillit une petite poche qui dégage tout autre chose : une maison à colombages, de la verdure à foison, une église qui se dévoile à peine dans le fond et surtout, un calme absolu.  Ici, on accepte que la végétation prenne son aise, on ne la coupe pas au cordeau.

Vous voici devant l’église luthérienne Saint-Jean, qui date de 1912. Je n’ai pas eu la chance de pouvoir visiter l’intérieur, mais d’après les descriptions trouvées, le plafond de bois en forme de carène de bateau inversé et ses vitraux anglicans méritent le coup d’oeil.

Supplément crânerie : Ne partez pas sans avoir repéré cette fabuleuse porte d’entrée au n°151, vous y croiserez de drôles de lézards…


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#061: S’enticher de la Cité des Fleurs http://millechosesaparis.com/2011/10/04/061-senticher-de-la-cite-des-fleurs/ http://millechosesaparis.com/2011/10/04/061-senticher-de-la-cite-des-fleurs/#comments Tue, 04 Oct 2011 08:37:21 +0000 jarmolaine http://millechosesaparis.com/?p=853 Paris, 17e arrondissement. La bruyante avenue de Clichy, ses kebabs, ses bouis-bouis et autres pressings d’avant-guerre vous happent et vous rendent nerveux. Fuyez ! Et pas bien loin en plus ! A quelques pas du métro Brochant, une ruelle inaccessible aux voitures cache l’un de ces endroits magiques que Paris sait si bien préserver [...]]]>

Paris, 17e arrondissement. La bruyante avenue de Clichy, ses kebabs, ses bouis-bouis et autres pressings d’avant-guerre vous happent et vous rendent nerveux. Fuyez ! Et pas bien loin en plus ! A quelques pas du métro Brochant, une ruelle inaccessible aux voitures cache l’un de ces endroits magiques que Paris sait si bien préserver : la Cité des Fleurs.

Derrière la grille noire, située à l’intersection entre l’avenue de Clichy et la rue Guy Môquet, le fracas des klaxons laisse soudainement place au cui-cui des oiseaux (oui, aux cui-cui, on a parfois le droit d’être cul-cul).

En plus d’être les heureux bénéficiaires d’un lopin de terre en plein Paris, les habitants de cette cité vivent au milieu des fleurs. Pas une qui n’échappe à la règle ! Et pour cause… lorsque le lotissement est créé en 1847, un règlement intérieur très strict est établi : chaque propriétaire devait planter au moins trois arbres à fleurs dans son jardin !

Et depuis, la règle tient…


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#060: Lire à l’ombre de la BNF ou sur les quais http://millechosesaparis.com/2011/09/30/060/ http://millechosesaparis.com/2011/09/30/060/#comments Fri, 30 Sep 2011 10:00:38 +0000 jarmolaine http://millechosesaparis.com/?p=841 Une grande esplanade, des bouquins en veux-tu en voilà, et même quelques chouettes bistrots/cafés concert en bord de Seine pour se délasser, ce quartier a quelque chose qui rappelle les docks de Londres… Pour ceux qui aiment l’architecture moderne, quel bain de jouvence dans la ville-lumière ! (oui, on n’est pas obligé d’être a-bso-lu-ment [...]]]>

Une grande esplanade, des bouquins en veux-tu en voilà, et même quelques chouettes bistrots/cafés concert en bord de Seine pour se délasser, ce quartier a quelque chose qui rappelle les docks de Londres… Pour ceux qui aiment l’architecture moderne, quel bain de jouvence dans la ville-lumière ! (oui, on n’est pas obligé d’être a-bso-lu-ment fan du style Haussmannien quelque peu redondant).

Par ici le clou du spectacle, c’est bien sûr la BNF, oeuvre que l’on doit à notre cher François Mitterrand. Autour de vous, dans ces quatre grandes tours en forme de livre qui encadrent la place, sont réunis tous les ouvrages qui font l’Histoire de la France. Soit quelques 13 millions de livres, 250.000 manuscrits, 12 millions de photographies, affiches, estampes, 800.000 cartes et plans, 2 millions de partitions musicales, 1 million de documents sonores… rien que ça. Bon, c’était pas forcément malin-malin de choisir de grands immeubles de verre pour stocker autant de livres qui pour la plupart, ne sont pas de toute jeunesse. Ben oui, vous l’avez déjà certainement remarqué, un livre ça jaunit, la couverture se rabougrit et se contorsionne sous l’effet des UV. D’où ces grands panneaux de bois que vous pouvez apercevoir derrière les vitres. 

C’est l’une des adaptations qu’il a fallu apporter aux bâtiments pour que les livres s’y sentent à leur aise. Avant cela, la façade avait déjà été adaptée avec une couche de verre, 7cm d’air et une autre couche de verre. Et pour rassurer les gardiens du temple, chaque étage est parfaitement isolé des autres pour éviter la propagation du feu mais aussi des moisissures (on n’y pense pas assez !). Enfin, une lourde artillerie maintient une température constante de 18°C. Cajolés comme des bébés, ces bouquins !

En quittant l’esplanade en direction de la Seine, une chouette balade sur les quais s’offre à vous. Vous passerez devant l’excellent Batofar (chaudement recommandé pour ses soirées concert), et en été, de nombreuses terrasses se déploient pour siroter un café ou un apéro en fin de journée. Un petit paradis !

Au loin (pas tant que ça), la jolie passerelle Simone de Beauvoir aguiche le promeneur avec ses courbes ondulantes. Grimpez-y m’sieurs dames !

Vous voilà sur le pont le plus récent de Paris ! Construit en Alsace dans les usines Eiffel, ce pont a pas mal voyagé avant de rejoindre son emplacement définitif début 2006 : il a fallu l’acheminer par la mer du Nord et par la Manche avant de rejoindre la Seine. Une fois à bon port, deux toutes petites heures suffirent pour la monter intégralement ! Architecturalement parlant, cette passerelle est une petite prouesse : les 304 mètres de long n’ont besoin d’aucun soutien intermédiaire entre les deux points d’attache.

Et depuis la passerelle, vous aurez une vue imprenable sur la piscine Joséphine Baker qui a la particularité de flotter sur la Seine. Avant elle il y en avait une autre dans le 7e arrondissement : il s’agissait de la piscine Deligny qui au grand dam de ses usagers, coula en quelques dizaines de minutes à peine en 1993. La nouvelle piscine flottante, inaugurée en 2006, restaure donc une vieille tradition des bains flottants ! 20 flotteurs métalliques la maintiennent à niveau et la grande verrière se déploie l’été pour laisser passer les rayons de soleil.

Supplément crânerie : A peine inaugurée, la piscine faillit couler quelques mois plus tard à cause d’une simple erreur de manipulation… Des travaux furent alors nécessaires et elle ne rouvrit ses portes qu’en 2008 !

 


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#059: Chômer sur les bancs de Notre-Dame du Travail http://millechosesaparis.com/2011/09/28/059-chomer-sur-les-bancs-de-notre-dame-du-travail/ http://millechosesaparis.com/2011/09/28/059-chomer-sur-les-bancs-de-notre-dame-du-travail/#comments Wed, 28 Sep 2011 17:15:30 +0000 jarmolaine http://millechosesaparis.com/?p=833 Hé oui, tout arrive à point à qui sait attendre ! Et pour cette remise en selle, direction un quartier souvent ignoré par les promeneurs que nous sommes : Plaisance, dans le 14e arrondissement. Vous situez ? Non ? Allez,  juste derrière la gare Montparnasse ! (Il y a toujours le plan en bas [...]]]>

Hé oui, tout arrive à point à qui sait attendre ! Et pour cette remise en selle, direction un quartier souvent ignoré par les promeneurs que nous sommes : Plaisance, dans le 14e arrondissement. Vous situez ? Non ? Allez,  juste derrière la gare Montparnasse ! (Il y a toujours le plan en bas de l’article, histoire de vous repérer !)

C’est un quartier qui semble tout neuf : il faut traverser l’immense place de Catalogne pour rejoindre la rue Vercingétorix et découvrir un petit havre de paix où l’église fait face à un joli parc. D’accord, juste derrière, il y a les rails. Mais ça fait partie du folklore, dirons-nous !

Et puis voilà la bête : une église relativement simple de l’extérieur, qui ne tranche pas franchement avec le style de ses copines de la capitale. Elle joue même les modestes, Notre-Dame du Travail. Et pour cause ! Lors de sa construction au début 1900, le quartier est habité principalement par des ouvriers. Plus les années passent, plus ils sont nombreux : de 2000 en 1856, on atteint 35000 habitants en 1897. Manque de pot, l’ancienne église de la rue du Texel, en trop mauvais état, est démolie en 1904. Il FAUT une nouvelle église ! Et pourquoi pas “Notre Dame du Travail” suggère l’un des vice-présidents de l’Union fraternelle du commerce et de l’industrie ? On pourrait alors réserver un pilier à chacune des professions industrielles et commerciales !

Malin, le curé Soulange-Bodin voit là le moyen de glaner des fonds et de “réconcilier religion et capital.” Amen. Une souscription est lancée pour réunir l’argent nécessaire à l’édification de l’église. Alors forcément, avec des pauvres ouvriers sous la main, cela ne permettra pas de construire un Notre Dame de Paris bis. La structure est donc légère : entrez donc ! Aviez-vous déjà vu une armature en fer dans une église ? C’est une nouveauté “qui rappellera aux ouvriers leur univers au travail” (dixit le curé). Chouette ! Mais c’est surtout par souci d’économie que ce matériau a été sélectionné. L’espace est donc très peu entravé, et puis ça tombe bien, la tour Eiffel a lancé le mouvement des structures métalliques 13 ans auparavant. Alors pourquoi serait-on choqué ?

On rigole on rigole, mais le père Soulange-Bourdin a mené un véritable projet social dans le quartier, qui a soulagé un grand nombre de familles grâce aux repas fournis et grâce à la crèche, entre-autres, mise en place pour les enfants. C’était le genre d’homme qui ne chômait pas…

Supplément crânerie : Ah ça, il n’étaient pas riches les souscripteurs ! Du coup, une partie des matériaux sont issus de la récup’ : les murs latéraux, les contreforts et les murs du presbytère sont en vieux moellons durs qui proviennent de la démolition des abattoirs de Breteuil. Et les fermes, ces pièces qui supportent la toiture, proviennent du palais de l’Industrie de l’Exposition universelle de 1855.

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#058: Battre la Campagne à Paris http://millechosesaparis.com/2011/05/25/058-battre-la-campagne-a-paris/ http://millechosesaparis.com/2011/05/25/058-battre-la-campagne-a-paris/#comments Wed, 25 May 2011 16:01:58 +0000 jarmolaine http://millechosesaparis.com/?p=824 Elles sont en pierre meulière, en briques, certaines disposent de jardins et de petits balcons… A l’heure où les fleurs s’épanouissent aussi sûrement que les épaules se dénudent, un détour sur cette petite colline en bordure Est de Paris est une jolie manière de s’échapper du bitume !

Le petit quartier, situé entre [...]]]>

Elles sont en pierre meulière, en briques, certaines disposent de jardins et de petits balcons… A l’heure où les fleurs s’épanouissent aussi sûrement que les épaules se dénudent, un détour sur cette petite colline en bordure Est de Paris est une jolie manière de s’échapper du bitume !

Le petit quartier, situé entre les rues Géo Chavez et Paul Strauss, est même classé monument historique.

Et pourquoi d’aussi charmantes maisonnettes par ici, me direz-vous ? Allez, deux secondes de réflexion et vous viserez dans le mille, Emile ! Le temps d’une nouvelle photo…

…avant de vous dévoiler que, comme partout où il y a concentration de maisonnettes à Paris, il y a une carrière sous leurs pieds ! Ici, c’est une carrière de gypse qui date du début du XIXe siècle. Elle se trouvait derrière la place Octave Chanute. En 1907, ces pavillons “bon marché”  furent construits pour les ouvriers sur les remblais de la carrière !

Et mon petit doigt me glisse dans l’oreille qu’aujourd’hui, il doit y avoir assez peu d’ouvriers dans le quartier…


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#057: Explorer l’inhabitable (un livre signé Joy Sorman et Eric Lapierre) http://millechosesaparis.com/2011/03/13/057-explorer-linhabitable-signe-joy-sorman-et-eric-lapierre/ http://millechosesaparis.com/2011/03/13/057-explorer-linhabitable-signe-joy-sorman-et-eric-lapierre/#comments Sun, 13 Mar 2011 14:11:19 +0000 jarmolaine http://millechosesaparis.com/?p=792 A l’époque où Haussmann remodela le visage de Paris, la capitale était garnie d’une quantité d’îlots insalubres, dûment répertoriés, prêts à être rasés. Beaubourg par exemple, était l’îlot insalubre n°1 avant que ne surgisse le centre Pompidou. Aujourd’hui ce ne sont plus des îlots mais quelques ultimes immeubles isolés qui se dégradent, rongés de [...]]]>

A l’époque où Haussmann remodela le visage de Paris, la capitale était garnie d’une quantité d’îlots insalubres, dûment répertoriés, prêts à être rasés. Beaubourg par exemple, était l’îlot insalubre n°1 avant que ne surgisse le centre Pompidou. Aujourd’hui ce ne sont plus des îlots mais quelques ultimes immeubles isolés qui se dégradent, rongés de l’intérieur. Joy Sorman a franchi le palier de ces immeubles où certaines fenêtres sont remplacées par du carton, des couvertures de survie, parfois des blocs de parpaing.

La plupart de ces immeubles sont aujourd’hui condamnés, en attente du lancement des travaux de réhabilitation. Mais quelques-uns restent encore habités. Ceux qui vivent ici côtoient le délabrement général, les murs lépreux, les champignons proliférant, les moisissures… sans parler des installations électriques précaires et dangereuses, et de la promiscuité. Dans ces immeubles, on s’entasse, on bouche le moindre trou d’air et même la lumière. Joy Sorman a pu discuter avec ces habitants qui attendent un relogement tout en craignant l’anonymat d’un immeuble situé dans un quartier étranger, où la solidarité ne jouerait plus. Et l’on découvre à notre grande stupéfaction que certains n’imaginent même pas en partir, parce qu’ils n’ont jamais payé de loyer, ne s’y résolvent pas, et ont besoin de cet entourage social comme d’une béquille dans leur vie.

Joy Sorman a rencontré dans ces appartements certains jeunes que l’on croise très apprêtés au coeur de Paris, pantalon slim et chaussures dernier cri. Ils rejoignent chaque soir leur taudis et s’entassent à plusieurs dans des lits pour dormir. Mais pour autant, dans le cas de la famille Sun, les parents refusent la proposition de l’organisme parisien qui s’occupe du relogement : un 70m² pour la famille ? Trop petit, ils refusent et préfèrent rester dans leur minuscule 3 pièces ! Les infirmières ou assistantes sociales qui leur rendent visite doivent affronter un problème de taille : la croissance soudaine de ces familles au moment de constituer le dossier. Dans l’exemple de la famille Sun, des “cousins” ont rejoint d’un coup les quatre membres initiaux, ils sont passés à sept, “bientôt huit car ma femme va à nouveau être enceinte…”

Ceux qui acceptent les propositions de relogement ne réjouissent pas pour autant les travailleurs sociaux qui les ont accompagné dans la démarche. Peu habitués à autant d’espace, de lumière, de rangement, ces familles peuvent laisser leurs affaires s’entasser au centre des pièces sans jamais aménager leur nouvel appartement. Ne pas trouver ses repères dans une cuisine aménagée, lui préférer une cuisinière sur le balcon. Jamais connu un habitat classique, pas de repères, aucune idée de ce qu’il serait possible de faire du lieu. Un vrai choc culturel, et pour nous un choc à la lecture du livre, avec une question qui devient lancinante au fil des pages : qu’attendent exactement ces habitants de l’inhabitable ?

Dans la seconde partie du livre, l’architecte Eric Lapierre prend la parole pour retracer l’histoire de l’urbanisation parisienne. Depuis Haussmann, l’établissement d’une liste de 17 îlots insalubres, l’arrivée de la notion de salubrité dans le vocabulaire des “reconstructeurs”, l’édification des premiers HBM, habitats à bon marché et comment aujourd’hui, se pose la question de la réhabilitation des immeubles Haussmanniens. Un petit livre passionnant qui se dévore et instruit, tout en laissant cette amertume caractéristique aux problèmes complexes, où aucune solution n’apparaît vraiment satisfaisante.

L’inhabitable, Joy Sorman et Eric Lapierre, photos de Jean-Claude Pattacini, Editions Alternatives, 12€.

]]> http://millechosesaparis.com/2011/03/13/057-explorer-linhabitable-signe-joy-sorman-et-eric-lapierre/feed/ 2 #056: Sceller son amour sur le Pont des Arts http://millechosesaparis.com/2011/02/08/056-sceller-son-amour-sur-le-pont-des-arts/ http://millechosesaparis.com/2011/02/08/056-sceller-son-amour-sur-le-pont-des-arts/#comments Tue, 08 Feb 2011 22:14:10 +0000 jarmolaine http://millechosesaparis.com/?p=782 L’amûûûr, toujours l’amûûûr. Enfin, surtout le 14 février. Il paraît qu’il faut marquer le coup, faire du tac tac boum boum, tout ça pour finir comme tous les ans avec une rose entre les dents et une invitation à rejoindre la flopée de couples qui aura réservé au restaurant pour fêter ce jour si “spécial”.

L’amûûûr, toujours l’amûûûr. Enfin, surtout le 14 février. Il paraît qu’il faut marquer le coup, faire du tac tac boum boum, tout ça pour finir comme tous les ans avec une rose entre les dents et une invitation à rejoindre la flopée de couples qui aura réservé au restaurant pour fêter ce jour si “spécial”.

Rhaaaa pffff… c’est d’un clichééé ! Oui, un cliché fort répandu. Mais il en existe un autre qui peut peut-être s’avérer un peu plus drôle, tout dépend des formes qu’on y met. Vous pouvez très bien filer un rencard à votre belle sur le Pont des Arts et opter pour une version disons… historique de la déclaration d’amour. Les plus braves enfileront l’armure et débarqueront avec une jolie ceinture de chasteté. A l’arrivée de votre belle (qui aura peut-être un tantinet du mal à vous reconnaître), déclamez pompeusement “Ma mie, me voilà prêt à tout quitter pour combattre vaillamment l’ennemi qui frappe à nos portes, mais je ne veux point te perdre. Aussi, accepte que je te glisse entre les cuisses cette ceinture de chasteté et que j’en conserve la clef”

Je vous garantis votre petit effet. Mais alors, je vous conseille de trrrrès vite enchaîner en tirant d’un coup sec sur l’armure comme le chippendale le fait avec son pantalon en riant aux éclats : “mais non mamour, scellons donc notre amour autrement, je te propose la version florentine” (bon en fait c’est la version qui provient de la région d’Emilie-Romagne en Italie, mais ça sonne moins bien. Il faut savoir sacrifier la Vérité Historique sur l’autel de l’amour).

Car cette tradition toute récente en France, qui consiste à accrocher un petit cadenas sur le Pont des Arts et à en jeter la clef dans la Seine, n’est autre qu’une déclinaison de la ceinture de chasteté. Séduisant, non ? Mmm… non, vous ne trouvez pas ? Alors vous pouvez choisir l’autre origine, on ne sait pas bien laquelle est vraie : cela proviendrait d’un roman de Federico Moccia, au titre évocateur : “J’ai envie de toi” (Harlequin, nous voilà ?). Les deux héros scellaient leur amour en accrochant un cadenas au pont Milvio près de Rome, avec leur nom gravé dessus, et jetaient la clé dans les eaux du Tibre.

Vous voilà donc à Paris, par un lundi 14 février certainement pluvieux, prêts à commettre un geste symbolique. Bon, vous l’aurez remarqué, vous n’êtes pas les premiers, il y aura peut-être même un peu d’affluence ce soir-là ! Faites gaffe quand même à ne pas jeter la clef au moment où passe un bateau-mouche, ce serait couillon qu’un touriste japonais devienne le détenteur de votre amour…

(Si vous observez bien, vous dégoterez même des couples à trois dans le lot, oui oui !)

Supplément crânerie : Devant l’affluence de cadenas (près de 2000 rien que sur le Pont des Arts), la mairie envisage de faire comme d’autres municipalités à travers le monde et d’installer des “arbres de l’amour” dédiés aux cadenas, afin d’éviter la dégradation trop rapide des grilles.


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