Mes livres !

Abonnez-vous au blog !

#078: Embrasser Paris du haut de Belleville

Je viens d’entendre à la radio que le printemps serait une invention des jardiniers et des doux rêveurs, qu’en fait il n’existerait pas. Parfois, je regrette que Paris ne soit pas au sud de la Loire…

IMG_3876

Je viens aussi d’entendre qu’il faut arrêter avec cette “hypocondrie météorologique.” En fait ça se soigne très bien : il vous suffit de venir sur ce site, et aléatoirement, de piocher une idée de sortie. A part peut-être un ou deux posts, il y a toujours du soleil, ici. Donc, on ne déroge pas à la règle. Du soleil, et Paris qu’on embrasse d’un coup d’oeil, ça vous va comme programme ?  Comme certains semblaient regretter que l’on ne puisse profiter de la vue de Paris depuis les toits du Grand Palais (rapport au précédent post), je me suis dit que j’allais vous proposer un autre point de vue.

IMG_3878

Pour cela il faut se rendre sur les hauteurs de Belleville. Soit vous choisissez de traverser le parc du même nom en arrivant par la station Couronnes, en bas, soit vous arrivez par en haut, depuis la station Belleville. L’essentiel, c’est surtout de rejoindre la charmante place située en haut du parc. Et puis si le soleil le permet, de siroter une mauresque en terrasse. Oui oui, une mauresque. C’est comme ça qu’on invoque les dieux du soleil, croyez-moi y’a pas 36 façons. Et puis pour passer du bon temps, très chers amis de province, n’hésitez pas à partir en quête d’un hôtel bien placé, vous devriez trouver votre bonheur et surtout un hôtel à Paris sur Campanile.com. C’est cadeau, ne me remerciez pas.

IMG_3877

 

On parlait de s’attabler pour une mauresque, mais on peut -et c’est beaucoup plus en diapason avec le quartier- aussi s’attabler autour d’un bo bun ou d’un phô. Pour sélectionner une bonne adresse, je vous laisse entre les mains d’Anne-Laure Pham qui a fait la liste de ses cantines, dans le quartier.

Supplément crânerie : Profitons-en pour faire un petit tour d’histoire du quartier. Le village de Belleville apparaît autour du XVe siècle, c’est un petit patelin qui vit de ses cultures. Fruits, céréales et surtout le vin sont les principales productions locales. Belleville est situé à proximité du mur des Fermiers Généraux, cette longue barrière de 24 km qui entoure Paris. En fait, les Fermiers Généraux c’est un péage : il faut s’acquitter d’une taxe pour tout produit qui rentre dans la capitale. Du coup… tout est plus cher derrière ces murs. Ce qui a un gros avantage pour Belleville et tous les villages des environs : les guinguettes et les tavernes s’y multiplient, attirant les nombreux soiffards parisiens ! Quand les carrières de gypse sont ouvertes dans le quartier, que le mur des Fermiers Généraux tombe, l’ambiance change. Les agriculteurs laissent place aux ouvriers des mines, qui arrivent en masse : la population passe de 8.000 à 100.000 habitants entre 1835 et 1870. Plus tard au XXe siècle, Belleville connaît la valse des vagues de migration. Arméniens, Juifs allemands, Espagnols, Algériens, Tunisiens, Africains… et bien sûr, les Asiatiques dans les années 80, qui en ont fait leur QG. Le quartier ayant toujours été composé d’une population pauvre, il atteint des sommets d’insalubrité dans les années 1950, il faut le réhabiliter. Voilà pourquoi on peut “admirer” ces immeubles pas franchement charmants dans les parages, mais il fallait construire vite et beaucoup.


Afficher www.millechosesaparis.com sur une carte plus grande

 

#077: Retrouver le calme Passage Dauphine

C’est un tout petit coin du 6e arrondissement. A deux pas des remuantes rue de Buci et rue Saint-André-des-Arts, tout près du Boulevard Saint-Germain.

IMG_1974

Un tout petit coin rassérénant, de ceux qui vous envoient ailleurs. C’est calme, aéré, on s’y sent bien. On y entre depuis la rue Dauphine ou la rue Mazarine. Et puis on peut faire une pause pour déguster le thé Mariage Frères, vendu d’ailleurs tout près de là (13 rue des Grands Augustins), en s’arrêtant à l’Heure Gourmande.

IMG_1975

Un chouette salon de thé, à la jolie déco, au personnel souriant et serviable, même quand tu débarques en heure de pointe avec une poussette. Ça, à Paris, ça n’a pas de prix… ou presque. Parce que bon, il faut quand même compter autour de 14€ pour s’offrir un thé et une part de cheesecake, c’est des tarifs bien germanopratins tout ça.

IMG_1977

Mais faible, le parent en quête d’un sourire, d’une attention (“Mais bien sûr qu’on a une chaise haute, installez-vous !” Han, DIEU me parle ! Une chaise haute dans un établissement parisien, viens que je te baise les pieds !), donc disais-je, le parent serait même prêt à laisser en plus 5€ de pourboire pour fêter cet évènement extraordinaire.

IMG_1979

Quand même hein, dans l’ensemble, restaurants parisiens, bars, cafés, et même musées, TOUS : vous craignez un max. Allez donc voir chez nos voisins Grands-bretons comment ils accueillent les familles, bande de manches !

Ceci était un coup de gueule sponsorisé par la LPPC, la Ligue des parents parisiens en colère.

Supplément crânerie : Faudrait pas se laisser abattre, profitons-en quand même pour en apprendre un peu sur le quartier ! Le passage Dauphine se trouve dans le quartier de la Monnaie, qui lui, tient entre le boulevard Saint-Germain, les quais, le boulevard Saint-Michel et la rue de Seine. Le quartier tire son nom de l’Hôtel des Monnaies qui se trouve à quelques encablures de là, sur les bords de Seine (Quai de Conti). Cet Hôtel, inauguré en 1775, était chargé de fabriquer la monnaie française (of course). Aujourd’hui, les “euros courant” sont frappés à Pessac en Gironde, mais au coeur de Paris, on frappe encore le métal : médailles, monnaie de collection, bijoux… une centaine d’artisans travaille dans le bâtiment et en 2014, on devrait avoir la chance de pouvoir déambuler entre leurs ateliers pour les observer travailler. Vivement !


Afficher www.millechosesaparis.com sur une carte plus grande

#076: Butiner sur les toits du Grand Palais

On peut aller au Grand Palais pour plein de choses. Pour une expo, un défilé Chanel (qui est la seule période de l’année où aucun membre du staff n’a le droit d’entrer dans l’enceinte du Palais jusqu’au jour J !), ou alors… pour récolter du miel.

IMG_5413

Pour cela, il faut pénétrer dans le creux de l’un des 4 piliers qui supporte la structure. Une porte qui s’ouvre sur l’envers du décor… en l’occurrence, 108 marches en bois, un colimaçon bien serré, sombre, des câbles qui courent le long des murs mais surtout au bout…

IMG_5367

Paris à vos pieds !

IMG_5392

Il faut commencer par longer la grande verrière, marcher sur le toit en zinc, enjamber une barrière.

IMG_5370

Pour cela, on suit Nicolas Géant, l’apiculteur des ruches du Grand Palais. Drôle d’effet que celui de se balader tranquillement sur les toits de l’un des plus beaux monuments parisiens…!

IMG_5384

Au bout, dans un recoin isolé, on découvre 5 ruches peuplées de petites chanceuses, les mieux logées de la capitale. En cette période hivernale, il n’y a pas d’activité. Mais c’est l’occasion d’apprendre qu’une abeille hiverne, elle n’hiberne pas : elle reste en action, mais la veinarde a tellement bien bossé tout l’été qu’en hiver, quand la bise s’en fut venue, elle a sorti la couette, le pot de miel, et elle attend peinard avec les copines que les beaux jours (et les fleurs) reviennent.

IMG_5377

Au pied des ruches, on découvre des monceaux d’abeilles mortes, c’est un peu glaçant quand on arrive. Mais Nicolas Géant nous rassure très vite : “Il y a plus de 2 millions d’abeilles qui transitent dans chaque ruche chaque année, c’est juste le cycle de la vie ! Et comme elles vivent en moyenne 45 jours (sauf l’hiver, où le fait d’hiverner leur fait gagner quelques semaines), c’est normal d’en trouver autant au pied des ruches.” Ouf, se dit la jeune néophyte que je suis.

IMG_5380

Cet apiculteur, il a eu l’idée géniale, il y a 6 ans, d’appeler comme ça le Grand Palais en leur disant “dites, ça vous intéresserait des ruches sur le toit ?” L’aventure a commencé aussi simplement qu’un coup de fil. Et depuis, il essaime ses ruches dans la capitale : sur les toits de la Tour d’Argent, de Louis Vuitton, du chocolatier Patrick Roger, de plein d’entreprises… Pour autant, ne croyez pas trouver du “Miel de Paris” n’importe où ! La plupart de ses clients gardent jalousement la production pour usage personnel : pour remercier le personnel, pour les clients…

IMG_5385

Vous pouvez cependant en trouver en de rares endroits, comme à la Tour d’Argent, chez Patrick Roger chocolatier, ou alors à l’Opéra Garnier. Le hic ? Les ventes se font sur 2-3 semaines dans l’année, et il faut se battre pour en décrocher un pot… et se battre, la plupart du temps, avec les japonais qui en raffolent, nous explique Nicolas Géant !

IMG_5393

“Mais… cela vaut-il le coup de se battre ?” me direz-vous. Alors entre-nous, pour avoir eu le privilège de repartir avec un pot non pas de “Miel du Grand Palais” mais de “Miel récolté sur les toits de Paris et de sa région” signé Nicomiel (l’apiculteur, donc), ben je dirais oui, plutôt. Un miel incroyablement épais, qui se pose comme une grosse goutte sur la cuillère, l’enrobe, ne coule pas en un long filet pour rejoindre le pot, et très parfumé. Omnomnom, vous dirais-je pour condenser l’avis que j’en ai.

IMG_5396

L’intéressant de la chose, c’est que ce miel, aussi surprenant que cela soit, est composé pour 1/4 de pollen d’agrumes ! Orangers, mandariniers et citronniers placés par les habitants sur les balcons sont nombreux, les abeilles s’en régalent, et c’est l’une des particularités du miel parisien : il a ce côté “agrumes” que l’on retrouve habituellement dans les miels du sud de l’Espagne !

IMG_5401

Je vous laisse avec quelques vues supplémentaires… (j’aurais pu en mettre moins, certes ! mais… non.)

IMG_5406

La mauvaise nouvelle de ce post ? Ce n’est pas une visite ouverte au grand public… 

IMG_5410

(détail de la structure du Grand Palais, depuis les coulisses !)

IMG_5414

Pour terminer, voici un extrait de l’interview menée avec Nicolas Geant :

Voici aussi un lien vers la chronique réalisée par mes soins à ce sujet, lors du Salon de l’Agriculture, sur Europe 1

Et pour ceux que ça intéresse, voici une belle page qui recense quelques-unes des ruches de la capitale : The honey gatherers

IMG_5386

 


Afficher www.millechosesaparis.com sur une carte plus grande