L’accès ressemble à un porche d’immeuble, facile de le louper sur la rue St Martin ! Il faut donc vous rendre au n°221 de la rue pour accéder au passage de l’Ancre, considéré comme l’un des plus vieux de Paris. Ici, pas de toit de verre, le passage n’est pas recouvert.

En revanche, il est feuillu, lumineux et très coloré.

On trouve dans cette micro-ruelle la boutique Pep’s, tenue par un docteur es parapluies, capable des meilleures réparations. Ce magasin qui date des années 1960 est une relique du quartier des parapluies, car fut un temps où une partie du sentier était consacrée à l’outil en question !

Et pourquoi « Passage de l’Ancre », au fait ? C’est une auberge située à l’extrémité du passage qui avait comme enseigne une Ancre. L’ancien « passage du puits » s’est alors transformé en « passage de l’ancre » parce qu’il faut bien le dire, ça claque mieux, quand même.


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Sur ce point, il semble bien que les parisiens sont unanimes : les Halles, c’est un échec. Le centre commercial ? bondé. Le jardin ? vide à en effrayer les pigeons. Cette version du « Ventre de Paris » (dixit Monsieur Zola) ne séduit pas, on peut même dire qu’elle rebute. Et pourtant… 800.000 parisiens et banlieusards passent ici chaque jour, 18 mètres sous terre, pour emprunter le métro ou le RER. Quant à la foule dans les couloirs du centre commercial… en période de soldes, à Noël… toutes les excuses du monde sont valables pour échapper à ça.

Celui qui est à l’origine de ce cuisant échec est l’homme politique que les Français adulent si soudainement, dont ils s’arrachent le livre, celui dont ils parlent tendrement comme on le ferait d’un grand-père un peu sénile, qui commence déjà à nous manquer… c’est cela même, c’est Chirac.

Quand le marché de gros quitte les Halles dans les années 1970, après 8 siècles passés à nourrir tout ce que Paris comptait de bouches, ce sont 12 pavillons « Baltard » (du nom de leur architecte) qui trônent ici, vidés de leur substance. Immenses halls couverts en charpentes de fer vitrées, ils sont tous détruits, sauf un, démonté et reconstruit à Nogent-sur-Marne. Aujourd’hui, le rescapé accueille de « grands évènements artistiques ». Si si, vous voyez… oui c’est ça, la « Nouvelle Star » par exemple.

Et donc, la destruction. Les Halles ne sont plus qu’un trou béant, un immense rien durant de longues années. Le président de l’époque, Valéry Giscard (de son vrai nom, point de d’Estaing à l’horizon), imaginait une place monumentale en forme d’ellipse, mais le conseil municipal s’y opposa. Rien de bien surprenant quand on connaît les relations électriques qu’entretenaient Giscard et le tout premier maire de Paris, Chirac, après qu’il eut démissionné de son poste de 1er ministre. L’Etat finit donc par se retirer du projet au profit de la ville de Paris. Chirac, 1 – Giscard, 0.

L’architecte Bofill, qui avait tout de même démarré les travaux, vit son chantier rasé (qui vient de dire « gaspillage » dans le public ? mmm ?) et fut remplacé illicottement par Chirac lui-même, qui clama bien haut « l’architecte en chef des Halles, c’est moi » (et oui, il ne pouvait pas encore brailler « l’Etat, c’est moi »). C’est donc ce bon vieux papy de Chirac qui nous pondit l’horreur, le nombril parisien, celui qui, quand on y met un doigt, nous avale tout cru comme un sable mouvant.

Lecteurs, lectrices, réjouissez-vous. En 2016, plus rien de tout cela n’existera. Ni champignons de fer, ni cascades de verre, ni même jardin délaissé. Comme Bertrand Delanoë est un gars poli, il explique que plus de 20 ans après son achèvement, « le complexe des Halles souffre de saturation et de dysfonctionnements » qui ont provoqué « un vieillissement précoce du cadre urbain et de ses édifices ».

Dans les faits, voilà ce que l’on pourra voir à la place des cascades de verre. Les architectes Patrick Berger et Jacques Anziutti ont remporté le concours en proposant d’aménager une Canopée, ce grand toit translucide aux formes souples. Adieu, trou béant… Les travaux commencent en ce début d’année par le jardin et la Canopée ; le tout devrait être livré en 2013. En 2011, ce sont les travaux sur la voirie souterraine qui débuteront, puis en 2013 viendra le tour des travaux de réaménagement des transports en commun (métro et RER).

La Canopée sera donc ouverte, elle laissera apercevoir la Bourse du Commerce depuis la rue Pierre Lescot. Depuis le jardin, c’est une sorte de grande esplanade qui glissera vers l’intérieur, sous forme de trois (très très) grandes marches. Cet élément fait penser à l’esplanade du centre Georges Pompidou, qui avait été pensée comme un lien entre la ville et l’art. Ici, entre le jardin et le brouhaha des Halles… brouhaha qui -soit dit en passant- devrait être atténué par la nouvelle infrastructure.

Vues depuis la Bourse du Commerce, les Halles se fondent dans le paysage urbain. Alors certes, point d’ellipse, mais quand même… on peut dire que Giscard a vu sa revanche arriver, allez : 1 partout !

Truc utile : une exposition complète se tient à l’entrée des Halles du côté de la rue Lescot, détaillant le projet sous tous ses angles, l’histoire du site, les chiffres, les modifications apportées et le pourquoi de ces changements… des intervenants peuvent également répondre aux questions des visiteurs. A voir !


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Rodin. Le genre d’homme à commencer sa vie refoulé trois fois au concours d’entrée des beaux-arts, et à la terminer bardé de légions d’honneur et avec un musée à son nom. Dans Gala ou Voici, c’est ce qu’on appellerait « Une belle revanche sur la vie. »

Bon. Surtout un forçat du travail doublé d’un passionné, en fait.

Pourtant, il s’en est fallut de peu pour que notre homme finisse curé, ou moine. A 22 ans, la mort de sa soeur l’ébranle tellement qu’il commence un noviciat. Mais quand le père Eymard, qui lui commande un buste, voit ce dont il est capable, il le somme de reprendre le chemin de la sculpture. Ouf ! C’est alors que Rodin, Auguste de son prénom, se met à travailler comme un forcené. Il aime le réalisme, ne cherche pas à enjoliver la réalité, et à cause de cela ses œuvres recevront un accueil plutôt froid au début. On le soupçonne même de mouler ses modèles alors qu’il sculpte lui-même la forme de ses personnages !

Et puis il y a Camille Claudel. Un génie de la sculpture, qui apprendra tout de son maître et amant, voire… qui le dépassera. Une salle du musée est consacrée à son œuvre.

Ce petit musée situé à deux pas des Invalides est une bouffée d’oxygène : une promenade dans le jardin dévoile une partie des oeuvres de Rodin, et les pièces, dans l’hôtel Biron, offrent un beau panel de ce que l’artiste a réalisé durant sa vie.

Supplément crânerie : Cet hôtel, qui au début des années 1900 hébergeait des artistes, a vu passer Isadora Duncan (elle y donnait des cours de danse), mais aussi Matisse et Cocteau. Les artistes pouvaient s’y loger pour une somme modique, et Rodin découvre ce site verdoyant au coeur de Paris par l’intermédiaire de l’écrivain Rainer Maria Rilke. Mais en 1910, l’Etat décide de le vendre. Rodin se démène pour éviter la vente et obtenir la jouissance du lieu jusqu’à sa mort ! Il fera même mieux puisqu’en donnant ses oeuvres à l’Etat, il s’assure la création d’un musée Rodin (il participera d’ailleurs à la conception de son propre musée).

Truc utile : Des petits dépliants très instructifs et complets sont disponibles au niveau du vestiaire (pour ceux qui voudraient éviter de dépenser encore pour l’audioguide). Munissez-vous du plan et du dépliant intitulé « visite », et vous serez paré pour comprendre le parcours du Maître et de sa muse !

http://www.musee-rodin.fr/


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Voici LE magasin à partir duquel tout a commencé. « Tout quoi ? » eh bien tout, la profusion, les garanties, les prix fixes, et même pour les employés, la possibilité de se construire une carrière professionnelle et de bénéficier des « avantages d’entreprise ».

C’est Aristide Boucicaut qui a mis sur pied ce concept novateur. Il l’imagine suite à l’Exposition Universelle de 1855  : notre homme se perd dans les dédales des présentoirs, dont la profusion des biens le sidère. Il s’imagine alors un magasin qui offrirait le plus de choix possible. Après tout, qu’est-ce qui l’en empêche ? Au départ en 1838, « Au Bon Marché », c’était 12 employés et 4 rayons. A la mort de Boucicaut 40 ans plus tard, la maison compte… 1788 employés !

Le succès est fulgurant, et les méthodes novatrices : jusque-là, on pouvait marchander les prix. Désormais c’est terminé, les prix sont fixés en clair sur une étiquette, et on fait en sorte qu’ils soient le plus bas possible. Moins de marges, mais plus de ventes, c’est son credo ! Autre nouveauté, le « satisfait ou remboursé » dont on nous rabat tant les oreilles aujourd’hui. Ça vient de là ! Boucicaut pousse même le concept jusqu’à proposer des tours sur un âne aux enfants, pour libérer les clientes afin qu’elles puissent traîner plus longtemps dans les rayons sans la pression enfantine…

Autre nouveauté : les employés peuvent grimper des échelons, passer second, chef de comptoir et gérant. Certains prennent même leur envol et fondent les principaux concurrents du Bon Marché : la Samaritaine et le Printemps sont des initiatives d’anciens employés.

Le patron crée aussi une caisse de prévoyance pour ses salariés, financée directement en ponctionnant une partie des bénéfices nets de l’entreprise. Enfin, une caisse de retraite complète le système voulu par Boucicaut, de manière à ce que tout employé ayant au moins 20 ans de service dans la maison ait droit à une pension lors de son départ. Bref, un marketeux avant l’heure, mais doublé d’un homme de proximité avec ses employés.

Aujourd’hui, le concept de départ a « un peu » changé. Oui, pour les prix bas on repassera ! Mais quand même, trouver des M&Ms aux amandes ou au beurre de cacahuètes, ou encore du pop corn micro-ondable au rayon « USA », une variété de petits trésors culinaires (le vinaigre en gelée ou aux truffes), des décorations de cupcake a en faire tomber en arrière la moindre anglaise « de passage à Pawis », ça vaut justement… son pesant de cacahuètes !

Supplément crânerie : Lorsque Boucicaut décide d’agrandir le Bon Marché pour en faire un magasin géant pour l’époque, il fait appel à l’architecte A.L. Boileau et à un ingénieur, Gustave Eiffel, pour les travaux. C’est Eiffel qui mêlera fer et verre dans le but d’installer de grandes baies vitrées qui inondent l’intérieur de lumière.


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7ème arrondissement, 5bis rue de Verneuil.

Serge, peintre et compositeur, est fou amoureux de l’icône de la décennie, initiales B.B. Depuis 1967, ces deux-là s’aiment d’amour tout en continuant à se vouvoyer, même si Brigitte Bardot est mariée au milliardaire Gunther Sachs. Le couple illégitime se retrouve chez elle, avenue Paul Doumer. Lui veut un endroit plus discret. Il a déjà repéré la maison de la rue de Verneuil, il l’emmène la visiter, l’agent immobilier comprend qu’il est face à une situation fantastique et chasse les autres visiteurs d’un « elle est déjà vendue ».

Gainsbourg l’appelait « mon hôtel particulier », même si derrière le mur se cachaient de vieilles écuries. L’appartement est transformé en duplex, le noir y trouve sa place avec classe et mystère. Pendant ce temps, le compositeur crée des chansons pour sa muse, jusqu’au fatal « Je t’aime moi non plus ». Décadent, sensuel, sexuel, le titre fait un scandale lors de son unique passage en radio. Gunther rappelle sa femme à l’ordre, il profite d’un tournage en Andalousie pour la rejoindre et la reconquérir, la belle Bardot demande à Serge de stopper la sortie du disque et rompt avec lui. Les bobines finissent au coffre fort, il promet de ne jamais réenregistrer le titre avec qui que ce soit. Parole qu’il ne tiendra pas : en 1969, Jane prend la place de Brigitte et la chanson renaît. B.B. est triste, mais elle sait que c’est dans l’ordre des choses. Finalement, sa version à elle sortira dans les bacs bien plus tard, en 1986.

La maison ? Lors de la rupture, Serge décide de ne pas l’habiter. Il préfère l’hôtel, une chambre envahie de la présence de Bardot : cartes, portraits… il vit dans son souvenir. Il est encore à l’hôtel lorsqu’il tourne un film avec une jeune anglaise qui ne parle pas un mot de français. Lui espérait tourner ce film, « Slogan » (de Pierre Grimblat) avec Marisa Berenson. Du coup la petite, il la fait morfler, il n’en veut pas. Le tournage tourne au désastre, jusqu’à ce que Pierre Grimblat imagine une ruse pour réconcilier ses deux acteurs. Il leur donne rendez-vous au restaurant, mais lui n’arrivera jamais. Tête à tête forcé entre les deux, Gainsbourg arrête de faire sa tête de chou, il se laisse atteindre par la belle Birkin.

Quand leur histoire devient sérieuse, c’est elle qui propose d’emménager rue de Verneuil. Ils y vivront une dizaine d’années, auront Charlotte ensemble, puis Serge ne saura pas garder sa belle. Elle fuit, il se retrouve seul dans son duplex à la décoration si soignée. Chaque bibelot a sa place, il arrange, peaufine, il aime tellement ce lieu qu’il en fera déjà un musée de son vivant. Puis il déménage définitivement en 1991 en laissant Bambou et Lulu, derniers compagnons de route.

Charlotte Gainsbourg a d’abord voulu ouvrir un musée dans la maison de son père. Elle a commencé par régler les problèmes de paperasses, rachetant les autres parts des ayants-droit (Gainsbourg avait, en-dehors de Charlotte et Lulu, deux autres enfants de son tout premier mariage), frappant aux portes des différents ministres de la culture, Lang, Toubon… En 2001, la mairie de Paris entame sérieusement des démarches. Mais tous les projets tombent à l’eau. Derrière les volets, les meubles, les objets, tout est resté en place, paraît-il. Aujourd’hui, le projet de musée est abandonné. « Mon père appartient déjà tellement à tout le monde », répond Charlotte quand on lui demande pourquoi.

Alors nous, on a la façade. Elle, l’intérieur. C’est dans l’ordre des choses, après tout.


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« La Tour Eiffel, dont la commerciale Amérique elle-même ne voudrait pas, c’est, n’en doutez pas, le déshonneur de Paris » : l’accueil fut plutôt froid, au lancement du projet !

La phrase est tirée d’un manifeste corsé et très clair sur son intention de faire capoter le projet, signé par des personnalités comme Guy de Maupassant ou l’architecte de l’opéra Charles Garnier. D’après eux, on n’aurait pu choisir pire projet, alors que 107 propositions avaient été déposées pour la construction d’un bâtiment destiné à marquer la grandeur de la France, lors de la prochaine Exposition Universelle.

Peine perdue, « l’odieuse colonne de tôle boulonnée », comme ils la nommaient, vit bel et bien le jour en 1889. Pire ! La concession accordée pour 20 ans fut finalement prolongée à 70 ans en 1910, avant qu’elle devienne permanente. Il faut dire que l’ingénieur Gustave Eiffel a tout fait pour rendre son œuvre indispensable : vu les critiques, il savait que pour le salut de sa tour, il fallait lui donner une utilité technique et scientifique. Dès le début, il installe une station météorologique à bord, grâce à laquelle il multiplie les expériences (sur la résistance de l’air surtout). La tour est équipée d’une station de TSF en 1898, puis après la mort d’Eiffel, en 1925, sont installées les premières stations radio et TV. Aujourd’hui, celle qui s’est imposée comme LE symbole de Paris et de la France, est aussi un super émetteur pour la grande majorité des chaînes de télé et de radio.

Et puis la tour, elle présentait bien : c’était la preuve de la fougue Française, de sa maîtrise de la technologie et de la modernité du pays. Bon, les fondations ont été creusées à la pelle (véridique), mais pour le reste, le montage du Meccano géant était ul-tra moderne ! La tour Eiffel a conservé la palme du plus haut édifice du monde jusqu’en 1929, date de la construction de l’immeuble Chrysler à New-York. A sa construction, c’était « the place to be », au point que le Figaro installera son imprimerie au 2eme étage en 1889 !

Des exploits ont émaillé l’existence de l’édifice, ils n’ont pas tous brillé par leur réussite : en 1912, l’homme oiseau se jette du 1er étage pour une démonstration et s’écrase lamentablement au sol devant un parterre de curieux, de journalistes et… de la première caméra. L’homme était en fait un tailleur d’origine autrichienne qui avait sur le dos ni plus ni moins qu’un poncho amélioré. Poncho qui ne lui aura pas évité la mort.

En 1984, deux britanniques prennent plus de précaution en choisissant le parachute pour sauter clandestinement depuis le 3ème étage. Cinq ans plus tard, Philippe Petit part du Trocadéro pour rejoindre le 2ème étage de la tour Eiffel sur son fil : le funambule parcourt 700 mètres sans protection !

Supplément crânerie : En 1953, le 25 millionième visiteur de la Tour Eiffel reçut comme cadeau une voiture, quelle surprise ! Quelle suprise aussi en 1983 pour le cent millionième visiteur qui eut… Mireille Mathieu comme hôtesse pour sa visite sur la tour… Quant au 150 millionième visiteur, en 1993, il ne reçut rien, ni Mireille Mathieu, ni voiture : tout se perd ma bonne dame !

Truc utile : la tour Eiffel, c’est toujours bondé. Pour avoir une chance de moins faire la queue, il faut choisir le pilier sans ascenseur : on gravit les étages à pied, ça maintient en forme et on n’a pas l’impression de faire partie d’un troupeau de moutons géant. C’est plus gratifiant, quelque part !


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La grisaille est là, il faut faire avec. Heureusement, les températures ne sont pas encore frigorifiantes : un pull, une veste, et un itinéraire simple à commencer vers 20h peuvent rattraper une journée de grisaille !

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Ce parcours débute à la fontaine qui se trouve au croisement de l’avenue des Gobelins, de la rue Monge et de la rue Claude Bernard. Pour connaître les détails de l’itinéraire, suivez le plan ci-dessous ! Au début c’est simple : remontez la rue Mouffetard. La faune est de sortie (quelques jolis portraits à faire), et les façades jaunies par les réverbères s’offrent à l’objectif avec gourmandise.

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L’intérêt, une fois ressorti de Mouffetard, est de déambuler dans les rues où se côtoient d’archi-vieilles maisons. Et quelques monuments apparaissent, comme ça, au détour d’une rue.

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L’itinéraire proposé est celui d’un soir, à vous de « flairer » et d’opter pour les rues qui vous tentent le plus. Parfois, c’est juste un bistrot au coin de la rue qui vous indiquera le chemin !

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Ce qu’on fait souvent pour nos balades, c’est se donner un point d’arrivée. Ce jour-là c’était : « on va jusqu’à Notre Dame » et paf, on marche, on s’arrête, on se recroqueville au sol pour trouver le bon angle, on jubile quand on arrive à choper « le » cliché qu’on avait imaginé, et on trottine jusqu’à la prochaine image que l’on mettra encore une fois en boîte avec délectation. Grâce à ça, le temps gris, on a l’impression de lui faire un peu la nique !


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Vous connaissez son petit surnom ? La grosse meringue ! Aaaaah, le butte Montmartre, son parc, sa légende d’Amélie Poulain, le vieux monsieur qui donne à manger aux oiseaux (n’essayez même pas de le prendre en photo, vous seriez bons pour un majeur pointé bien haut !), ses vendeurs à la sauvette et les mille milliards de touristes qui frôlent les marches chaque année…

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Sous la butte, un gruyère : les 129 mètres d’altitude ne sont composés que de dédales de passages souterrains creusés à l’époque où une carrière de gypse était exploitée à Montmartre. Pour construire la grosse meringue, il fallut commencer par couler 83 puits de béton (de 33 mètres de profondeur, tout de même) pour ensuite disposer la structure dessus. On dit que le Sacré-Cœur soutient la butte plutôt que le contraire…

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Et le Sacré-Coeur de quoi, au fait ? De notre ami Jésus ! La construction de cette basilique, c’était une manière d’expier les horreurs de la Commune et du siège de Paris par les Prussiens en 1870. Que de violence, que de morts… que de pêchés, quoi. Alors pour se faire pardonner, les Français firent massivement des dons afin d’ériger le Sacré-Cœur. Les travaux débutèrent en 1875, et s’achevèrent lorsque la Première Guerre Mondiale éclata. Depuis, les fidèles y assurent jour et nuit le relais ininterrompu de l’adoration perpétuelle. Amen.

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L’intérieur de la basilique vaut d’être visitée pour sa taille grandiose et pour l’immense mosaïque de 475m² (dont vous apercevez un bout ci-dessus). Le dôme est une autre attraction de la visite. Après quelques milliers de marches dans une  tour sans fin (claustrophobes s’abstenir), Paris s’offre à vous. Outre le soulagement d’être enfin sorti du tunnel (et la légère angoisse qui vous pince le coeur lorsque vous comprenez ce qui vous attend pour la descente), un « ouah » devrait sortir de votre bouche devant l’étendue du paysage (ou un wow pour les anglais, un puta madre pour les italiens et un schaïsseuh pour les allemands).

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Aproveche, comme disent les espagnols, surtout si vous passez par là un jour de grand beau temps ! Et ne tremblez pas si la « Savoyarde » se met à beugler, c’est juste une cloche de 18 835 kg que l’on agite en-dessous de vous !

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Supplément crânerie : mais au fait, pourquoi la basilique reste si parfaitement blanche alors que la plupart des cathédrales doivent être régulièrement passées au karcher pour retrouver l’éclat de leur jeunesse ? Parce qu’elle a été construite avec un calcaire spécial (de Château-Landon) qui au contraire des autres matériaux, blanchit avec la pluie ! D’ailleurs, scrutez les endroits que la pluie ne peut pas atteindre, au sol : ils sont désespérément noirs…

Truc utile : si vous avez le choix, évitez Montmartre le week-end. C’est noir de monde, on se marche dessus, et l’attraction perd une grande partie de son intérêt.


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Foin de la Joconde, de la Victoire de Samothrace et de tous ces Japonais qui les flashent ! Le Louvre, on peut le parcourir nez en l’air -pas de touristes sur les photos, et des œuvres qui content une autre histoire que celles exposées dans les vitrines ou sur les socles…

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Le Louvre, c’est un château dont l’édification a commencé sous Philippe Auguste en 1190 et s’est terminée… dans les années 1990. Peu ou prou, 800 ans pour en faire ce qu’il est aujourd’hui !

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Car avant de ressembler à une villégiature royale pour souverain en manque de reconnaissance, le Louvre, c’était un « bête » château fort à la sortie de la ville. Il était sensé protéger le bon peuple des attaques provenant du Nord. Tours, donjon, fortifications… rien n’y manquait, c’était un beau château carré.

Oui mais voilà : le bon peuple proliférant, il se mit à construire de nouvelles habitations tout autour du château, et même au-delà : la fonction protectrice du Louvre était mise à mal.

C’est François Ier au XVIe siècle, qui fait entrer ces murs dans la période « Renaissance » : il détruit le donjon au centre, agrandit les ouvertures, et transforme la forteresse en palais royal.

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A partir de cette date, le Louvre ne cessera d’être transformé, agrandi, étiré par tous les rois qui se succèdent, de sorte que la première version disparaît totalement.

Pour découvrir les fondations du premier château, entamez votre visite au niveau de l’aile Sully, direction « le Louvre médiéval ». Toutes les pièces du château sont dotées de petits panneaux informatifs sur l’histoire de ses murs. Et n’oubliez pas de lever les yeux… les plafonds sont ornées de superbes peintures ou de fresques commandées par les rois.

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De François Ier à Louis XIII, le Louvre prend ses proportions actuelles (l’aile côté rue de Rivoli sera elle terminée courant XIXe). C’est Louis XIV qui se lassera du joujou, et recommencera un nouveau château à Versailles. Jusqu’à la Révolution, le bâtiment est laissé tel quel.

Mais entre l’abandon des lieux par Louis XIV et la Révolution, ces milliers de m² habitables ne restent pas vides, pensez… le Louvre devient un immense squat ! oui oui, Académies de peinture, de sculpture, d’architecture, de politique, des sciences et j’en passe, investissent les lieux. C’est le dernier endroit à la mode pour les artistes branchouilles de ces siècles passés. Petit hic : à force de passage et de squattage, le château se détériore et de grands noms réclament sa réhabilitation. Finalement, le Louvre devient musée après 1789, et les collections nationales sont constituées grâce aux… saisies révolutionnaires.

Bon an mal an, les travaux reprennent et le plus gros est achevé courant XIXe.

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Lors de votre visite, ne manquez pas, tout près de la Joconde, ce magnifique plafond qui représente les quatre souverains ayant le plus soutenu les arts durant leur règne. C’est dans cette salle que se déroulaient les séances législatives à partir de 1859.

Vous pouvez aussi imaginer la vie du ministère des finances quand il était encore dans ces murs, jusque dans les années 1990 côté aile Richelieu (Balladur fut le dernier ministre des finances à officier depuis le Louvre).

Et bien sûr, observer de près l’objet de toutes les polémiques, la dernière modification apportée au Louvre par le dernier monarque républicain (et oui, paraît-il que maintenant on est plutôt retourné à l’ère napoléonienne), j’ai nommé M. Mitterrand (ou Mittran, comme disait l’autre) et ses pyramides.

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Supplément crânerie : Saviez-vous que François Mitterrand avait envisagé de placer le Penseur de Rodin sous la grande pyramide, initialement ? Un soir des années 80, en comité restreint (et on le comprend, puisqu’il était accompagné de Mme Pingeot et d’une certaine Mazarine), il fit déplacer la statue pour voir l’effet produit… dommage, le Penseur avait l’air perdu, et pas seulement dans ses pensées. Trop petit pour être placé au centre d’une si grande pyramide, le projet est abandonné !


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Quoi de plus original que de faire sa gym au milieu du plus grand rond-point de France ?

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L’Arc de triomphe, pour un parisien, c’est le monument qu’on ignore par excellence. Et pourtant, il en raconte des choses ! Figurez-vous, d’abord, que chaque pied équivaut au poids de deux tours Eiffel. Et oui ma bonne dame ! Et si l’Arc pouvait parler, il aurait quelques tranches d’Histoire à nous raconter. Comme le passage des cendres de Napoléon Ier sous l’arche, l’enterrement du Soldat inconnu, le défilé de la victoire en 1944… et même le passage de quelques aviateurs entre ses jambes (les fous !)

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Mais revenons à nos moutons : nous sommes là pour pratiquer un peu de sport. Voilà ce qui vous attend : 284 marches pas piquées des vers, qu’il faudra s’il vous plaît gravir sans jamais s’arrêter. En haut, un banc vous attend pour récupérer !

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Après l’effort, passez aux activités proposées par le musée. La présentation a été entièrement revue il y a un an environ, et dans l’ensemble, c’est plutôt bien foutu. Vous pouvez déjà vous promener sur un planisphère pour découvrir les Arcs de triomphe du monde entier. Dans la salle de l’Attique au niveau supérieur, des écrans relatent l’histoire de l’Arc. Mais le plus ludique est certainement cet arc miniature dont on s’empare, et que l’on peut tourner à sa guise pour zoomer sur des sculptures du monument. En fonction de votre choix, l’écran dévoile l’histoire du détail que vous avez choisi.

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Enfin, allez respirer l’air de la place de l’Etoile sur le toit, et surtout admirer l’autre arche qui fait face au loin, dans le quartier de la Défense. Vous aurez peut-être même la chance d’essayer les nouvelles lunettes d’observation à « réalité augmentée » : en fonction de l’endroit où vous regardez, les jumelles indiquent automatiquement le nom des bâtiments et présentent même des images d’archives de diverses époques (elles n’étaient pas encore installées quand j’y suis allée, si quelqu’un les a testé je suis curieuse de connaître votre avis !)

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Et ni une ni deux, il faut redescendre les trente mille millions de marches pour rejoindre la terre ferme, puis aller faire un petit salut au Soldat inconnu. Et lever la tête, pour observer les détails du plafond.

Supplément crânerie : l’Arc de triomphe, ça a été inventé pour triompher, c’est évident pensez-vous ! Que nenni. L’Arc de triomphe, à l’époque des Romains, avait une toute autre fonction. Lorsque les troupes rentraient des campagnes militaires, elles devaient déposer toutes leurs armes au pied de l’édifice, puis passer sous l’Arc. C’était une manière d’abandonner le costume de guerrier pour redevenir un simple citoyen. Très vite, cette signification fut oubliée et les Arcs furent érigés pour glorifier les victoires.

Truc utile (quoique cela peut aussi vous servir pour crâner) : Vous voulez éblouir votre entourage ? Attendez le 7 février, le 10 mai, le 1er août ou le 4 novembre (environ, hein) et placez-vous dans l’axe de l’Arc de triomphe. Les 10 mai et 1er août, en étant du côté des Champs-Elysées, vous pourrez admirer un coucher de soleil pile entre les pieds de l’Arc ! Les 7 février et 4 novembre, avis aux lève-tôt : en se plaçant du côté de la porte Maillot, vous assisterez au lever dans l’axe de l’Arc. Attention, le spectacle ne dure que quelques minutes, soyez à l’heure !

http://arc-de-triomphe.monuments-nationaux.fr/


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