#102: Retomber en enfance au Jardin d’Acclimatation

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Admettons-le : c’est LE bon plan assuré pour passer une journée tranquille et amusante avec les enfants, pour peu qu’on cadre un peu les choses avant de franchir les grilles du Jardin d’acclimatation. Cadrer un peu les choses ? Oui, du côté des manèges ! Chez nous c’est « tiens, voilà cinq tickets, à toi de choisir ! » Pour le reste, c’est parti pour la fête !IMG_6622Au retour des beaux jours, on apprécie particulièrement l’endroit pour la variété des activités proposées : aires de jeux, animaux, manèges, parcours d’aventure, petit théâtre, promenade et même jeux d’eau en été… On peut varier les plaisirs et passer facilement la journée sur place. Si le ticket d’entrée n’est pas cher (3€ à partir de 3 ans, 1,50 pour les familles nombreuses et les seniors), la note peut assez vite grimper en fonction des activités choisies (2€90 le manège ou 35€ les 15 tickets). Mais le rapport qualité prix reste tout de même franchement correct, dans l’ensemble ! D’autant plus que vous pouvez venir avec votre pique-nique.IMG_6626On doit ce parc à Napoléon III, qui souhaitait doter Paris d’un parc paysager dessiné selon le modèle des jardins anglais. Au même moment, le zoologiste Geoffroy de Saint-Hilaire cherche un site pour ses nombreux animaux, trop à l’étroit à la ménagerie du Muséum du Jardin des Plantes. Les deux ambitions se rencontrent et en 1860, le Jardin d’acclimatation ouvre ses portes à l’orée du Bois de Boulogne. A l’origine, c’est donc uniquement un parc zoologique où les petits parisiens peuvent découvrir buffles, singes, mouflons, volatiles en tous genre et lapins à grandes oreilles. Et leur nombre est vertigineux : en 1866, le parc compte 5200 occupants !IMG_6611Mais le parc est mis à l’épreuve une première fois en 1870, lors de la guerre Franco-Prussienne. Les parisiens connaissent la famine : après s’être mis à manger du cheval, du rat, du chat ou du chien, voilà que l’on se tourne vers les animaux du jardin… Hormis les singes, épargnés car trop proches de l’homme, des menus pour le moins originaux font leur apparition : filet d’ours, daube de python, rognons de chameau… Une partie des bêtes est cependant sauvée et d’autres sont rapatriées des zoos de provinces où elles avaient été mises à l’abri. Mais ce n’est que le début des galères pour le parc : les événements de la Commune interviennent dès 1871 et de sévères batailles se déroulent sur place. Des animaux, mais aussi des employés, y laisseront la vie.IMG_6643Quand enfin le calme revient, le site est à nouveau réaménagé et attire les visiteurs, habitants et scientifiques, comme au premier jour. Mais cela ne tiendra que trois décennies… car la Première Guerre Mondiale éclate. Les serres ne sont plus chauffées et les animaux disparaissent les uns après les autres. En 1925, un rapport de la ville de Paris souligne « l’aspect déplorable » du site : tout y est délabré, rouillé, cassé. Il faut parvenir à attirer le public à nouveau, sans quoi le Jardin fermera définitivement ses portes. Sa vocation pédagogique doit être maintenue soulignent les élus locaux, mais les dirigeants du parc ont une petite idée derrière la tête : et si en rénovant, on ajoutait quelques distractions ? Après tout, c’est ce qui fait le succès du Luna Park ou de Magic City, des parcs d’attractions fraîchement implantés à Paris !IMG_6637Depuis, le parc a multiplié les activités, il ne compte plus que 300 animaux mais attire les foules dès les beaux jours. Pas étouffant comme les autres parcs, ni assommant ni consumériste avec une boutique tous les trois mètres,ce jardin a même le bon goût d’avoir éloigné la zone « payante » des manèges des autres sites où les activités sont incluses dans le droit d’entrée. C’est plus qu’appréciable pour ne pas passer son temps à négocier ! Et si vous aimez les espaces aérés, les jardins thématiques, faites un saut à quelques pas d’ici, dans les somptueux Jardins d’Albert Kahn.IMG_6616

Toutes les infos sur le site du jardin d’acclimatation en cliquant ici !

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