#101: Flâner à Saint-Louis en l’île

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Le saviez-vous ? L’île Saint-Louis, déjà toute petite, c’est en fait deux îles réunies. D’un côté il y avait l’île Notre-Dame, collée à l’île de la Cité. De l’autre, l’île aux Vaches… Un nom qui fleure bon la campagne, et pour cause : on venait faire paître les vaches sur cette île jusqu’au XVIIe siècle, elles avaient droit à un petit tour de barque pour rejoindre le pâturage ! Sur l’autre versant, l’île Notre-Dame était fréquentée par les lavandières qui venaient faire leur lessive au calme. Un autre public s’emparait des lieux, certainement à des horaires décalés de ceux des travailleuses : les amoureux avides de tranquillité…IMG_1512

Sur cette toute petite île, il faut avoir les yeux partout : sur les façades, au sol, du côté de la Seine et même, quand c’est possible, derrière les portes cochères… les détails se cachent partout !IMG_1454L’église par exemple, avec son clocher ajouré, mérite le coup d’œil. Au XVIIIe siècle, en très mauvais état faute de moyens, la toiture s’effondre sur les fidèles pendant l’office… Il faut organiser une grande loterie pour réunir les fonds nécessaires à sa reconstruction. Et si le clocher est ajouré, c’est pour éviter la prise au vent qui souffle parfois fort sur l’île. Il ne faudrait pas qu’il s’effondre à nouveau sur les passants… A la Révolution, l’église désaffectée devient un dépôt de livres, jusqu’à ce qu’un bienfaiteur anonyme la rachète pour la rendre discrètement à son curé… qui y officia des messes clandestines jusqu’à ce qu’autorisation soit à nouveau faite de pratiquer le culte, début 1800 !

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Gouttières de luxe, vitraux, statuettes, ornements baroques ou rocaille, mais aussi fenêtres ou portes de guingois se côtoient sur l’île. Lors de son aménagement, les parlementaires, les hauts fonctionnaires et les conseillers du roi se ruèrent sur les appartements donnant sur les quais alors que les artisans, les marchands et les ouvriers s’installèrent dans les rues. Généralement, ceux qui choisirent de s’installer sur les quais étaient plutôt de nouveaux riches : les grandes familles lui préféraient le Marais, une valeur sûre !IMG_1577

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Supplément crânerie : au n°24 du quai de Béthune se dresse un immeuble relativement récent, construit à l’entre-deux-guerres. C’est Helena Rubinstein qui fit détruire l’ancien hôtel Hesselin bâti par Louis Le Vau, pour s’aménager un « petit 55 pièces » qui avait la particularité d’avoir une ambiance différente par pièce… A sa mort, l’immeuble fut partagé en appartements, et c’est ici que Georges Pompidou vécut ses dernières années.

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