#089: Faire le tour de la place des Abbesses

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Montmartre, ce village. Le genre qu’on aime arpenter même s’il nous fait les cuisses, avec ses escaliers partout et ses pavés un poil traîtres. Même si l’on croise un nombre de touristes, de préférence armés d’un selfish-stick (c’est bien comme ça qu’on dit ?), bien supérieur à la moyenne.

C’est le quartier qui parvient malgré tout à préserver une atmosphère très parisienne, un quartier bohème, d’artistes. Prenez la place des Abbesses, par exemple. Elle est à elle seule une invitation à flâner, lever la tête, se poser en terrasse un moment pour savourer les lieux. Rien qu’en sortant de sa bouche de métro, on change d’époque grâce à l’entrée style art nouveau d’Hector Guimard.

Paris 18ème arrondissement. La butte Montmartre; Station de métro Place des Abbesses * Paris 18th district. Montmartre; subway station Place des abbesses
(crédit OT Paris)

Le square de la place abrite le mur des Je t’aime, écrit en 300 langues différentes par la calligraphe Claire Kito. Un lieu où nombre de jeunes couples se font photographier dans le but d’utiliser l’image pour leur faire-part de mariage… chers parisiens, en avez-vous déjà reçu un ? Nous, oui !IMG_1086 Et puis de l’autre côté de la place, dans un style qui tranche un poil avec le reste, se dresse l’imposante église Saint-Jean de Montmartre, toute de briques vêtue. C’est la première église construite en béton armé au début du XXe siècle. IMG_4064 Les habitants la trouvaient si jolie qu’ils la surnommèrent « Notre-Dame-des-briques »… On est en effet loin du blanc immaculé et de la rondeur du Sacré Coeur !
IMG_4076Supplément crânerie : si la place des Abbesses se nomme ainsi, c’est à cause des bénédictines qui s’installèrent à cet endroit. Avant la Révolution, des soeurs vivaient dans l’abbaye des Dames de Montmartre. Mais en 1789, ses occupantes durent fuir pour éviter d’être massacrées. Quelques décennies plus tard, une rumeur enfla : les richesses de l’abbaye, sauvées par une abbesse trop malade pour s’enfuir, se trouvaient encore sous la butte. Aidée de son domestique, elle aurait caché le trésor dans un souterrain placé sous le château des Folies-Montigny. Alors que sa patronne était morte sur l’échafaud depuis belle lurette, le domestique, sur son lit de mort, aurait confié à celle qui lui tenait la main la cachette du fameux trésor. Mais il resta introuvable…

(Ceci est un extrait de mon livre Balades et petits histoires parisiennes, toujours en vente et parfait cadeau -évidemment- pour les fêtes !)

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