#071: Admirer l’oeuvre de la censure dans le Marais, à l’église Saint-Gervais Saint-Protais

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Il m’a été intimé l’ordre de faire plus de « sexe, drogue et prostitution »* pour augmenter l’audience de ce site. J’aurais volontiers parlé des pfutes de la rue Blondel, car à leur manière elles sont bien des monuments de la vie parisienne (qui réclameraient certes un bon ravalement, hein), mais la pudeur m’empêche d’aller prendre des photos (et certainement aussi la peur de me prendre une belle rouste). Pourtant, qu’elles seraient belles, ces photos… Je trouve ces femmes magnifiques !

Allons allons, ne nous égarons point. Comme je suis plus douée pour vous parler cul-bénit, prenons la direction du Marais au coeur de Paris. Voici, juste derrière l’hôtel de ville, l’imposante église Saint-Gervais Saint-Protais, l’église des marchands de vin.

On l’oublierait presque, cachée qu’elle est par l’hôtel de ville, et puis bon, une église quoi… Pourtant, il en a fallu du temps pour la construire ! 150 ans, pas moins. Elle ouvrit ses portes aux dévots aux environs de 1650. C’est aujourd’hui à votre tour d’y pénétrer… pour découvrir un intérieur hors du commun !

Combien d’églises peuvent se prévaloir de proposer de petits tabourets carrés pour le séant de leurs fidèles, au lieu des traditionnels bancs ? Cela donne un côté épuré au lieu, assez magique.

Et hop, tournez-vous vers l’entrée ! Voilà de l’orgue qui fait pas dans le chichi-pompon, comme dirait Norbert (oui, je racole large, l’audience vous dis-je). Figurez-vous qu’une grande dynastie de musiciens français s’est succédée aux claviers : les Couperin,  organistes de père en fils. Leur histoire est relatée à droite de la porte principale.

Enfin, dirigez-vous vers les bancs placés de chaque côté du choeur. En bois sculpté, ils sont d’époque. On appelle ces bancs les « miséricordes » et il étaient destinés au clergé. Lorsque l’assise est relevée, vous remarquerez de jolies gravures en relief. Approchez, étudiez-les tour à tour…

Vous avez noté que certaines sont rabotées ? C’est l’oeuvre de la censure, mes bonnes gens !

Certaines scènes ont été jugées « inappropriées » pour une église et peu de temps après leur installation, il fut décidé de les tronquer. Non mais, ces saligauds du clergé n’allaient tout de même pas se rincer l’oeil un chapelet à la main ! (ah ben v’là au moins l’aspect « sexe » abordé, manque plus que la drogue et on aura fait le tour du tryptique d’introduction).

Supplément crânerie : le 29 mars 1918, la Grosse Bertha fit un carnage dans l’église… Un obus allemand tiré par un canon du type Grosse Bertha vint défoncer le toit pendant le service du Vendredi Saint. 88 personnes furent « rappelées à Dieu » et 68 autres furent blessées. Ce bombardement fut le plus meurtrier de la guerre.


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*Certains auront reconnu la formule qu’affectionne le duo Colin et Mauduit sur Inter/Arte !

Discussion7 commentaires

  1. On ne t’arrête plus, dis donc :-)
    J’y passerai faire un tour, je dois aller récupérer le passeport de ma fille quai de Gesvres ; c’est pas trop loin…

    • jarmolaine

      Tu me diras ce que t’en penses, pour moi ça a été une belle surprise !

    • jarmolaine

      mmm… il se pourrait bien que ce soit normal… je suis une vendue ! 😉

  2. dire que je l’ai visité l’été dernier et que je n’ai pas vu ces détails!
    Merci pour toutes ses belles découvertes au fil du blog!

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