#053: Battre le pavé de la rue des Thermopyles

6

Si vous avez immédiatement traduit le titre par « aaah, la rue des gens qui aiment avoir chaud, c’est pour moi ! » : relisez bien. Bé non, y’a pas de « h » après le « p ».

Thermopyles, Thermopyles, drôle de nom, non ? En plus, ça ne fera pas l’objet d’un supplément crânerie puisque l’origine du nom est indéterminée !

C’est l’une des dernières rues privées de Paris. Ce que cela signifie concrètement, c’est que chaque habitant doit s’occuper de la moitié de la largeur de la rue qui passe devant sa maison. Et ce que cela signifie également, c’est qu’ils peuvent y organiser des fêtes pour l’arrivée de chaque nouvelle saison sans demander l’autorisation de personne et qu’ils peuvent choisir de l’envahir avec des glycines et autres plantes sympas comme ça leur chante, sans voir débarquer les jardiniers-coupeurs-de-tout-ce-qui-dépasse de la ville. Et puis qu’il y a un beau pavé par terre qui n’est pas prêt d’être remplacé par un odieux bitume puant. Bon, reste à savoir combien de temps ces gaulois de Lutèce arriveront à préserver leur statut un peu à part.

Parce que derrière cette ambiance « vieux Paris » où aiment à flâner les promeneurs, une vraie petite armée se bat de toutes ses forces pour préserver ladite ambiance. Depuis que la mairie a émis le souhait de réaménager le quartier dans les années 1990, les habitants se sont ligués au sein d’une association, Urbanisme et Démocratie, pour défendre l’esprit du lieu. C’est vrai qu’il est un peu spécial, cet esprit : des buvettes éphémères, pas de chien méchant mais des chats en psychanalyse, et même la création d’une pension pour sans-abri gérée par les habitants !

Pour être tout à fait précis, la pension, après d’âpres débats (c’est qu’on ne se laisse pas faire par ici), verra le jour en 2012. Le fait qu’elle soit gérée par les habitants du quartier est inédit à Paris. Et ils ont de quoi être fiers les bougres, car ils ont réussi à être intégrés en amont, dès la réflexion et la conception du bâtiment. Certes, ils n’ont pas réussi à gagner sur tous les plans. Mais tout de même, chapeau : le bâtiment sera écologique, façade bois, toiture végétalisée (ce qui ne les emballait pas des masses, apparemment) et un jardin partagé de quartier.

La pension se trouvera derrière ce mur : les graffitis très colorés risquent de bientôt disparaître… à moins que ce ne soit déjà le cas !

Et tant que vous êtes dans le coin, sautez dans la rue d’à côté, Cité Bauer : le portail du n°19 vaut le détour !


Afficher www.millechosesaparis.com sur une carte plus grande

Discussion6 commentaires

  1. Bonjour
    Sur Google maps ils écrivent Thermophiles, ça doit être une pub subliminale de Damart.

    • jarmolaine

      J’ai remarqué, et j’ai d’ailleurs longtemps prononcé « thermophiles »…

  2. « l’origine du nom est indéterminée » c’est une blague ? L’origine du nom n’est pas du tout indéterminée, les Thermopyles sont une région de grèce, le lieu d’une célèbre bataille contre les perses.

    • jarmolaine

      euh, non… ce n’est pas une blague, mais je me suis certainement mal exprimée ! Je voulais dire qu’on ne sait pas comment ce nom a pu être choisi. ça vous va comme ça monsieurmadame ?

  3. Pingback: #091: Le top 7 des passages de la capitale

Leave A Reply