#052: Jouer les filles de Passy

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Héééé oui. Ce blog est aussi triste et morne qu’un long hiver tout gris sur la plaine de Paris. Alors histoire de se faire frissonner la rétine, on va chausser nos plus belles lunettes de cagole parisienne, ajuster son slim et ses Louboutins, ressortir le petit top à paillettes du jour de l’an quitte à se peler le miches, recouvrir ses épaules d’une veste en cuir chic-tellement-chic-le-cuir, puis on va s’en aller tortiller du déhanchoir à Passy.

Dans nos rêves les plus fous, avec le soleil : dégaine l’appli éventail sur ton iPhone à strass, bébé !

Tout commence avec le joli parc de Passy, celui qui est entouré d’appartements hypra-modernes avec de larges terrasses que même dans nos rêves les plus fous, on sait qu’on n’y accédera jamais. Calme, fleuri, avec des allées bordées de bancs occupées par les nounous du quartier en charge de futurs énarques, médecins ou autres cadres supérieurs en culottes courtes. Après ce passage dans ce havre de paix, direction la rue Berton, connue pour avoir hébergé Balzac.

La rue se camoufle bien, ne la manquez pas ! Les pavés absolument inadaptés au port de talons (navrée, mais faut mériter son statut) vous guideront devant la jolie maison verte, que vous verrez bien mieux un peu plus tard en rejoignant la rue Raynouard. Mais ce passage rue Berton vous permettra de remarquer que l’Honoré disposait d’un portail en bas, et d’un autre en haut de la propriété. Car l’écrivain n’était pas du genre à faire copain-copain avec les inspecteurs des impôts et autres créanciers auprès de qui il était endetté. Du coup, si l’on sonnait d’un côté… il s’échappait de l’autre.

Toujours sur la rue Berton (oui oui, avant de rejoindre la rue Raynouard, si vous êtes perdus référez-vous à la carte en bas de ce post : youpi, un itinéraire est tracé !), donc je disais : toujours sur la rue Berton, vous croiserez également le cabinet d’architecture des frères Perret, reconnaissable à cette grande baie vitrée. Les frères Perret sont à l’origine des premiers édifices en béton armé dans la capitale. Un jour, peut-être, y’aura t’il un post sur l’une de leurs oeuvre (le pire, c’est que j’ai déjà ça en stock).

Hop hop hop ! Sautillez gaiement sur vos escarpins en tachant d’éviter la grimace, et depuis la rue Raynouard, piquez rue Chernoviz en direction de la fantastique, sublimissime rue de Passy ! Au passage, ne manquez pas de lever les yeux pour observer cette série d’immeubles Art-déco, avec coupoles et autres ornements qui peuplent le quartier. Et c’est maintenant que votre talent doit atteindre son apogée. La démarche lascive, les lunettes de mouche délicatement déposées sur l’extrême bout du nez, la moue boudeuse, léchez les vitrines (au sens figuré, hein). Et ne manquez pas au passage cette toute petite impasse absolument magnifique :


A vous de trouver où elle se trouve sur le parcours… puis reprenez votre lèche-vitrine en direction de la place de Costa Rica. C’est ici que cette courte balade s’achève, non sans rester un moment circonspect devant la coupole qui se dresse en face de la rue de Passy :

Mais pourquoi diable faire un micro-observatoire au sommet ??? (si c’est un observatoire, ce n’est qu’une supputation) Si quelqu’un a la réponse, je lui décerne la palme du meilleur supplément crânerie !

En attendant… un *autre* Supplément crânerie : Passy a longtemps attiré les foules pour ses termes. Jusqu’au début du XXe siècle, beaucoup se rendaient dans ce village qui n’était pas encore annexé à Paris pour son eau ferrugineuse, qui avait la réputation de guérir l’anémie. Lavoisier, Franklin, Boileau (ah ah, Bois-l’eau. ah ah.) étaient de ceux-là, et l’on vendait même cette eau en bouteille chez certains apothicaires ! Il reste aujourd’hui une fontaine, elle se trouve plus au nord dans le square Lamartine et voit encore défiler de nombreux habitués.


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DiscussionUn commentaire

  1. Sympa la nouvelle présentation du blog !

    A Passy y’a aussi le musée du vin, rue des eaux 😉

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