#033: Négocier Passage du Caire

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Ils sont toujours là, quelques-uns à attendre l’embauche sur la place du Caire : les Pakistanais et leurs diables. Les grossistes arrivent, en réquisitionnent un ou deux, et c’est parti pour un déchargement de rouleaux de tissus ou de vêtements. C’est la vie du Sentier, quartier caractéristique de Paris où les nationalités se sont succédées. Les Pakis pour le convoyage de marchandise, les Chinois pour les magasins de gros, avec les Juifs du Bosphore et de Salonique, les Turques, les Yougoslaves et les Africains.

La confection, sa poussière, le bruit caractéristique des machines dans les étages et la main d’œuvre illégale des années 80 se sont raréfiés pour être remplacés par le prêt-à-porter. Les petites mains restent au pays, et envoient leurs colis au Sentier sans y mettre les pieds : c’est moins cher.

Comme partout dans Paris, l’histoire se superpose : le couvent de bonnes sœurs qui se trouvait ici au Moyen-âge, est remplacé par des habitations et par le Passage du Caire à l’époque des grandes épopées Napoléoniennes -dont le nom et la façade au-dessus de l’entrée du passage, au niveau de la Place, sont d’ailleurs directement inspirés des exploits de Bonaparte.

Le passage du Caire remplit une fonction précise : on y trouve tous les accessoires, portiques, mannequins, sacs, étiquettes… Un vrai barnum, un concentré de Sentier, en somme !

Supplément crânerie : Il resta longtemps une trace du couvent des Filles-Dieu… le dallage du passage du Caire était fait avec les pierres tombales du couvent ! Dommage, il est aujourd’hui recouvert…


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