#029: Flâner au Bon Marché

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Voici LE magasin à partir duquel tout a commencé. « Tout quoi ? » eh bien tout, la profusion, les garanties, les prix fixes, et même pour les employés, la possibilité de se construire une carrière professionnelle et de bénéficier des « avantages d’entreprise ».

C’est Aristide Boucicaut qui a mis sur pied ce concept novateur. Il l’imagine suite à l’Exposition Universelle de 1855  : notre homme se perd dans les dédales des présentoirs, dont la profusion des biens le sidère. Il s’imagine alors un magasin qui offrirait le plus de choix possible. Après tout, qu’est-ce qui l’en empêche ? Au départ en 1838, « Au Bon Marché », c’était 12 employés et 4 rayons. A la mort de Boucicaut 40 ans plus tard, la maison compte… 1788 employés !

Le succès est fulgurant, et les méthodes novatrices : jusque-là, on pouvait marchander les prix. Désormais c’est terminé, les prix sont fixés en clair sur une étiquette, et on fait en sorte qu’ils soient le plus bas possible. Moins de marges, mais plus de ventes, c’est son credo ! Autre nouveauté, le « satisfait ou remboursé » dont on nous rabat tant les oreilles aujourd’hui. Ça vient de là ! Boucicaut pousse même le concept jusqu’à proposer des tours sur un âne aux enfants, pour libérer les clientes afin qu’elles puissent traîner plus longtemps dans les rayons sans la pression enfantine…

Autre nouveauté : les employés peuvent grimper des échelons, passer second, chef de comptoir et gérant. Certains prennent même leur envol et fondent les principaux concurrents du Bon Marché : la Samaritaine et le Printemps sont des initiatives d’anciens employés.

Le patron crée aussi une caisse de prévoyance pour ses salariés, financée directement en ponctionnant une partie des bénéfices nets de l’entreprise. Enfin, une caisse de retraite complète le système voulu par Boucicaut, de manière à ce que tout employé ayant au moins 20 ans de service dans la maison ait droit à une pension lors de son départ. Bref, un marketeux avant l’heure, mais doublé d’un homme de proximité avec ses employés.

Aujourd’hui, le concept de départ a « un peu » changé. Oui, pour les prix bas on repassera ! Mais quand même, trouver des M&Ms aux amandes ou au beurre de cacahuètes, ou encore du pop corn micro-ondable au rayon « USA », une variété de petits trésors culinaires (le vinaigre en gelée ou aux truffes), des décorations de cupcake a en faire tomber en arrière la moindre anglaise « de passage à Pawis », ça vaut justement… son pesant de cacahuètes !

Supplément crânerie : Lorsque Boucicaut décide d’agrandir le Bon Marché pour en faire un magasin géant pour l’époque, il fait appel à l’architecte A.L. Boileau et à un ingénieur, Gustave Eiffel, pour les travaux. C’est Eiffel qui mêlera fer et verre dans le but d’installer de grandes baies vitrées qui inondent l’intérieur de lumière.


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Discussion9 commentaires

    • Eh bien vu que le Printemps a été créé par un ex-employé du Bon Marché, a priori… la réponse est là ! :-)

  1. Pour découvrir, comprendre, vivre, … la naissance des « grands magasins », il faut absolument lire « Au bonheur des Dames », 10e ou 11e volume de la série des « Rougon-Macquart », d’Emile Zola.

  2. Merci pour ces infos et supreme-cranerie. Je n’y retournerai plus comme avant maintenant que je sais que ce lieu est tant chargé d’histoire :-)

    A+ Xav

  3. Merci ! Je sais enfin ou trouver des M&M’s aux amandes en France! A ce sujet, avis d’un expert en M&M’s: évitez les M&M’s classiques qui viennent des US, les cacahuettes sont franchement moins bonnes.
    Pour le supplément cranerie bis: lire our relire « Au Bonheur des dames », car c’est du Bon Marché et d’Aristide Boucicaut que Zola c’est inspiré pour écrire son roman.

    • Merci pour les tuyaux, il va vraiment falloir que je lise ce roman vu que vous êtes deux à le conseiller !!!

  4. Pingback: #088: S’enticher des vitrines de Noël des Grands Magasins

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